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Le tombeau des héros est le coeur des vivants". Loïc Gachon a choisi de citer André Malraux pour illustrer la décision d'avoir transféré le monument aux morts de la commune du cimetière Val d'Ambla au parvis de l'Hôtel de Ville. Ce qui a été officialisé, hier matin, à l'occasion de la cérémonie du 8-Mai. Le maire a également cité une circulaire du ministère de l'Intérieur datant de mars 1961 qui précise qu'un monument aux morts doit être sur une place publique ou à l'entrée d'une ville. "C'est le cas aujourd'hui et c'est le plus bel hommage que nous puissions rendre aux morts et aux victimes des conflits passés, a-t-il déclaré. Notre premier devoir de mémoire est d'honorer les héros et victimes de la guerre. C'est aussi de n'oublier personne. Aujourd'hui, une injustice est réparée. Nous rendons hommage aux soldats alliés de la Libération tués sur le sol vitrollais avecune plaque mentionnant leurs noms apposée sur le monument aux morts. Des noms sortis de l'oubli grâce aux recherches de l'association Liberty Vehicules Group présidée par Robert Ramirez".

 La cérémonie s'est déroulée en présence du consul des Etats-Unis, Philip Richards et celui du Royaume Uni, SimonTaylor. Ils ont été les témoins du premier hommage public rendu à ces jeunes soldats, 66 ans après leur mort. Robert Ramirez a tenu à le faire savoir, par un courrier qu'il leur a envoyé, à la mère et au fils de l'un de ses soldats, le lieutenant Greenberg, mort dans le crash d'un avion : "La commémoration du 8-Mai 1945 dans notre ville vient de redonner la lumière à la mémoire de jeunes garçons venus de si loin (...). Quand nous ne serons que poussière, nos étudiants regarderont cette plaque aux lettres dorées toujours éclairées à la flamme de leur compassion".

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Les noms des soldats alliés décédés à Vitrolles gravés dans le marbre

Il y a 66 ans, le 19 avril 1945, un avion Douglas C-47 Dakota Skytrain du 28e escadron de l'Air Force piloté par Harry Noël Greenberg, en provenance d'Alger et qui devait atterrir sur Marignane, s'écrasait sur la barre rocheuse du Plateau de Vitrolles. C'est à partir d'un cylindre de moteur découvert par hasard par des chasseurs que les bénévoles du Liberty Vehicles Group présidé par Robert Ramirez ont mis au jour cet épisode oublié de l'histoire locale. Ce sont ces mêmes bénévoles qui avaient sollicité la mairie pour qu'une plaque commémorative soit installée à côté du monument aux morts à la mémoire de ces Alliés qui se sont éteints sur le territoire communal.

Sur cette plaque figurent les noms des cinq militaires morts -ils étaient sept mais deux corps n'ont pu être identifiés- dans le crash de cet avion survenu le 19 avril 1945 et qui reposent au cimetière de Mazargues à Marseille : les lieutenants Harry Noël Greenberg (28 ans), Lloyd Charles Loram (26 ans), AF Smith (30 ans), et le caporal Trevor Griffiths (19 ans) appartenant au 28 e escadron de l'Air Force Sud-africaine ; et William Henry Padwick (23 ans) de la 69 e unité d'artillerie de l'armée anglaise. La plaque rend également hommage au lieutenant américain AndrewOrient, mort au combat le 23 août 1944 du côté de Montvallon, à l'âge de 32 ans. "Il fut décoré à titre posthume de la Bronze Star Medal, la 4e plus haute distinction pour bravoure, héroïsme et mérite", a souligné, dans son discours prononcé lors de cette cérémonie du 8-Mai, Michel Piquet, le conseiller municipal délégué à la communication, à la mémoire et au patrimoine. L'élu a aussi tenu à rendre hommage à Jeff Danby, le petit-fils du lieutenant Edgar Danby qui remplaça au pied levé Andrew Orient. "C'est grâce à Jeff Danby, qui a écrit le livre The Day of The Panzer que la mort d'Andrew Orient à Vitrolles et celle de son grand-père, survenu trois jours plus tard dans la Drôme, sont connues. Il nous a fourni quantité de documents qui compléteront utilement les archives municipales sur cette période".

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"Le monument aux morts doit avoir sa place "au coeur des vivants"

"J'ai la conviction qu'un monument aux morts n'a rien à faire dans un cimetière. Le monument doit être placé dans le coeur administratif, car il concerne l'ensemble des Vitrollais, et pas seulement ceux du village. Ces hommes morts pour la France ont fini d'appartenir uniquement à leur famille, ils appartiennent à la République", avait déclaré en février Loïc Gachon lors d'une réunion publique, à la mairie annexe du Vieux-Village, où il avait annoncé le transfert de ce monument, devant une assistance un brin décontenancée et attristée de le voir "partir" du quartier historique de commune. Mais comme le maire l'a, à nouveau, souligné lors de cette cérémonie du 8-Mai : "Un monument aux morts doit avoir sa place "au coeur des vivants", à la vue de tous, sur un lieu de passage". C'est fait. À sa création, en 1922, le monument était installé à l'entrée du Vieux-Village, au carrefour de l'avenue Camille-Pelletan et de la rue du Maréchal-Joffre. En 1957, il a été transféré au coeur du cimetière du Val d'Ambla. Ce monument rend hommage aux dix-sept soldats vitrollais (1) morts au combat pendant la Grande Guerre et qui furent enterrés à Verdun, au Chemin des Dames. Il y a aussi une poignée de Poilus de la commune qui ont survécu à la boucherie de 1914-1918 et qui reposent au vieux cimetière, au pied du Rocher. Le Souvenir français estime qu'ils sont au nombre de cinq.

(1) Voici les noms des dix-sept soldats vitrollais morts au combat pendant la Grande guerre : Masse Jules, Sern Germain, Put Marius, Magnavacca Jean, Martin Antoine, Sabatier Adrien, Caste Batistin, Goirand Marcel, Tardif Zacharie, Rebrond Jean-Baptiste, Faure Gustave, Barthelemy Louis, Audibert Pascal, Avon Toussaint, Dedieu Lucien, Pellas Marceau, Put Julien. La liste s'est allongée après la Seconde guerre mondiale : Léger Ernest, Pecoux Henri et Banach Stanislas.

 

 

Laurent ALEXANDRE   (La Provence du 9 mai 2011)

Tag(s) : #Vitrolles

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